Le lendemain, c’est avec les toutes premières lueurs du jour que nous quittons le camp, avec l’espoir d’obtenir enfin notre scène de chasse. Sur la route, un guépard trône sur une termitière, il est loin … 200 mètres. Nous sommes seuls dans la savane. Notre guide fait un détour empruntant une piste adjacente pour s’approcher à peine deux mètres de ce si rare animal. Il est musclé, svelte, pour ne pas dire sec, avec de très longues pattes dessinées de taches noires sur fond beige, présentant des griffes droites. Son visage est marqué par un museau court, entouré par deux longs traits noirs partant des yeux. Un guépard est noble et captivant, c’est calmement, en nous snobant avec l’élégance des félins qu’il a quitté son poste, pour aller s’enfoncer loin de nous. Rencontre magique.
Nous faisons route pour atteindre une zone remplie de bombes volcaniques, territoire des lions et des lionnes. Ces grandes roches qui rythment la plaine sont dignes des décors du “Roi lion” et c’est au milieu de tout ça que nous avons été coupés dans notre élan : embourbés dans la boue. A mesure que la voiture s’enlise dans l’ornière, nos chances d’assister à une chasse s’éloignent terriblement. Notre chauffeur essaye d’avant en arrière sans succès, notre véhicule n’étant pas tout jeune, les différents modes ne marchent plus… Nous sortons pour espérer trouver de quoi caler les roues -à l’ancienne-, sans succès. Une autre voiture nous rejoint, les deux chauffeurs discutent et se mettent d’accord pour tenter une “poussette”. La deuxième venant pousser la nôtre pour nous aider à franchir l’ornière. Sans succès. Puis, le temps défilant, de nombreux 4x4 revenant de la zone de chasse s’arrêtent pour nous aider. C’est avec l’aide d’une dizaine de personnes que nous arrivons à sortir le véhicule du piège : Quel travail ! Ce passage technique est quasiment devenu impraticable, chacun des véhicules suivants s’enfonçant aussi dans la boue, et demandant l’aide de tout le monde pour s’en sortir. Nous nous retrouvons à tourner le dos au territoire des lions, sans grand regret. Le temps étant particulièrement humide… les félins n’étaient apparemment pas décidés à partir en chasse.
La déception est terrible, nous quittons le Serengeti sans avoir eu la chance de vivre une chasse au lion. Naturellement, nos espoirs d’assister à une grande scène étaient liés à la grandeur et la richesse de ce parc. Certes nous en avons eu plein les yeux mais un certain gout d’inachevé persiste. Descendant vers le sud-est en même temps que les troupeaux en pleine transhumance, nous rejoignons les flancs du Ngorongoro. Arrivés fatigués en fin d’après-midi, nous effectuons un petit repérage autour du campement très fréquenté par les animaux. Durant la nuit, des zèbres éclairés par une magnifique pleine lune ont traversé le bivouac. Leurs ombres projetées sur notre tente nous ont bercés pour nous faire oublier la légère déception de la journée.






