Quel réveil ! Vers 5 heures du matin, un énorme -un gigantesque- craquement retentit dans le camp. Un craquement ? Une explosion suivie d’une intense pluie de graviers. Interloqués, choqués, à demi-réveillés, nous nous interrogeons ? Mais qu’est ce qui vient de se passer ? Surpris, nous passons la tête hors de la tente pour découvrir en contrebas une dizaine d’hommes commençant à travailler en bord de route. L’explosion ? Un large morceau de granit que les travailleurs devaient dégager à la dynamite. Pas d’annonce, pas de sirène, pas de protection, c’est ça la Tanzanie, l’Afrique.
Le parc se distingue par les divers bras de la rivière autonome du Tarangire ! Celle-ci zèbre tout le paysage en glissant entre les nombreux baobabs, habituellement si rares dans cette partie de l’Afrique. Arrivés entre deux saisons des pluies, nous profitons d’un parc très calme et agréable devenu un point de ravitaillement très prisé par la faune, principalement des éléphants.
Les pachydermes forment des brigades, traversant paisiblement le paysage, se frottant contre la végétation, se ventilant avec leurs belles oreilles, ou cherchant l’ombre au pied des arbres majestueux, bien loin des remous des parcs plus touristiques. Bernad, notre guide, apprend que la troupe de lions résidant dans les parages semble se préparer pour quelque chose ! Une nouvelle chasse ? Une mise à mort ? Un festin ? L’excitation monte une fois de plus. La voiture trace sur les pistes rouges de l’Afrique, l’heure avance, c’est notre dernière aventure, celle qui scellera le safari. Notre vaillant 4x4 remonte une pente, peinant, décélérant, elle s’arrête dans une zone assez dégagée. Bernad nous annonce “Flat Tire”, un pneu est crevé.
Nous descendons tous les trois de la voiture, c’est l’arrière-gauche. Participant au remplacement, nous remarquons que, pour une fois, les autres voitures ne s’arrêtent pas, ou brièvement sans descendre. Rapidement changée, notre guide reprend la route pour faire le tour du plateau où nous avons marqué un stop. Cette zone surélevée, présentant un bon point de vue sur la vallée, est le repère des lionnes. Ce qui explique que les autres guides ne se sont pas risqués en dehors de leurs véhicules.

(photo: A Van Welden)
Inversement, notre activité a certainement poussé les félins à se faire discrets ! Ils n’attaquent que rarement l’homme, sauf sous la contrainte : rareté des autres proies ou un problème physique chez le félin. J’imagine qu’eux ont eu peur de nous car plus personne n’a croisé les rois de la savane ce jour-là. C’est sur ce dernier imprévu que notre safari s’est clos. Nous retournons vers Arusha, plongés dans nos souvenirs. Jamais aucun mot ou aucune photo ne peut pleinement représenter l’histoire que nous avons vécue, l’Afrique ne se raconte pas mais se vit. Définitivement. 







